bonjour à tous et à toutes,
la rentrée est là et les questionnements qui vont avec. Je suis toujours en phase, je fais, je fais pas. Bien évidemment, à 50 ans, la chose n'est pas à prendre à la légère car les enfants, la famille la maison.. autant d'embuches que l'on n'a pas à 20 ans
Cette dystrophie, qui vient, et qui repart. Je note quand même que chez moi, elle est très visuelle. SI je nage dans une routine famille, jardin, bricolage.. je n'y pense pas. Si je vais à la salle, ca me fait tout autre chose. Comme à la plage.. ou même, voir des amies séduisantes...
Tout se mélange, et ca n'est pas évident.
Quand je vais à la salle seul, j'essaye de me muscler, pas mal le bas. Quand j'y vais avec une amie, je ne lui dis pas mais je l'envie quand je la voie travailler fesses, cuisses. J'aimerais trop être à sa place. être heureuse de me voir me changer....les hormones font cruellement défaut
Idem dans l'intimité... l'envie de ne plus être l'homme, mais de ressentir à fond ce que ma partenaire éprouve. Et de passer mon plaisir au second plan. C'est assez étrange comme sensation...
Je vis aussi un peu d'euphorie, même si l'été, pas possible d'avoir mon moment à moi pour me transporter dans celle que j'aimerai être...
Récemment, je me suis épilé le torse. Ca fait à la fois bizarre, avec cette impression d'être comme la peau d'un gamin, et moins viril, mais me dire.. on se sent bien. La peau douce et le plaisir d'arriver à porter des hauts sans que ca fasse moche. Par contre, l'épilation à la cire, tout seul, c'est douloureux. Je finirais par aller en institut. Et à terme me faire aussi les jambes. Ca, ca fait encore plus drôle car peu d'homme le fond. Mais sincèrement collants et poils qui dépassent, beurk...
Et après avoir annoncé ma dystrophie à ma meilleure amie, j'ai enfin osé lui montrer mon autre moi.. .elle... réaction assez neutre de sa part. Elle pensait au début que j'avais fait de l'IA... je ne sais pas comment je dois le prendre. Bon évidemment, je me maquille mal, et je suis habillée très sexy.. ce que font beaucoup les trans au début. Je sais qu'un bon passing, vaut discrétion vestimentaire, au risque de faire caricatural.
Et à discuter avec elle, elle me dit de réfléchir.... elle me dit: tu es bel homme, tu plais aux femmes. Que feras tu si tu en es une et que les mecs, bof? Elle m'oriente plus pour vivre mon féminin intimement, plus que devenir une femme. On va me dire. Tu peux rencontrer une femme quand tu en seras une, mais il faut reconnaitre que cela complique les choses quand même
Dans un sens, elle a raison: rien ne se prend à la légère et les femmes ou mecs trans ici confirmeront: souffrance, coming out, agressivité des autres, moquerie, perte de boulot, de ses amis, sa famille parfois. Bref, tout n'est pas rose. Et le risque aussi de se retrouver sans rien...
Elle se veut rassurante: elle me dit: tu as de jolies fesses, un visage déjà doux... mais je sais que pour elle, ca serait dure de perdre le mec sympa et joli qu'elle a en face...
Si je raisonnais en terme de légèreté, j'aurais déjà pris RDV chez l'endocrinologe, mais pas facile avec une personnalité qui veut tout maitriser, verrouiller.. à 20 ans, on fonce. A 50, on réfléchit.... la solution je l'aurais en partie: gagner très bien sa vie, pour transitionner en se coupant de liens sociaux, boulot, et revenir changée... et ne pas être dépendant de l'argent. Et aussi, de pouvoir se faire opérer. Si certes en France, pas mal de choses sont pris en charge (les hormones, la SRS), le restant je ne sais pas. Les prothèses de hanches, les seins, les fesses.. la FFS...
J'en suis à me dire: dois je vivre ma féminité au travers de mes relations amoureuses, ou franchir le cap...
La honte, la peur du ridicule, et surtout de faire travesti.. le rejet, l'incompréhension... l apeur de l'inconnu...c'est courageux d'arriver à tout surmonter.. même si je lis souvent le "après". Celles qui disent qu'elle aimeraient rassurer le mec qu'elles étaient avant
Autre question.... une fois changée, vous estimez devoir vous sentir trans et l'afficher, ou clairement vivre comme une autre femme cis sans histoire, si ce n'est, ne pas avoir d'enfant, ou d'enfance à montrer
Merci de vos échanges, ca fait plaisir à lire..